QU’EST-CE QUE JE FAIS LÀ ?

 

un regard en psychiatrie contemporaine

documentaire (titre de travail) Hôpital Saint Luc, Bruxelles

Unité d’urgences psychiatriques, chef de service Gérald Deschietere

auteur réalisation Bertrand de Solliers

 

synopsis

Le film suit les activités d’un service d’urgences psychiatriques jour / nuit, très impliqué dans l’un des deux grands hôpitaux habilités à Bruxelles pour ces prises en charge.

Depuis 30 à 40 ans, les modèles acquis en psychiatrie dans les pays occidentaux s’effritent pour différentes raisons qui vont du resserrement des budgets (des équipes) aux comportements qui se modifient profondément avec la société. Ce projet est issu de cette situation : comment interroger aujourd’hui les soins en santé mentale ?

Sur le temps d’un parcours d’un mois, le film pose cette question fondamentale : qu’est-ce que c’est être un psychiatre (ou un soignant en santé mentale) aujourd’hui ?

Quelle place ces psychiatres peuvent t’ils trouver entre les différentes contraintes et les enjeux imposés par les tensions extérieures, les usages et les soins entre besoin de paroles et nécessité de médicaments, obligation de résultats, pour le patient, pour la société ?

Et alors que nous savons qu’en psychiatrie on ne soigne pas, la plupart du temps on accompagne.

Le choix d’une unité d’urgence nous place au coeur de la vitalité de ces questions.

TERRAIN MINEURS

 

 

UNE IMMERSION CONTEMPORAINE AU TRIBUNAL POUR ENFANTS DU TGI DE PARIS

 

Sélection compétition Officielle FIPA 2018 (version de 2 X 1 h 58′)

 

long métrage (2h18′) Compétition « Documentaires du Monde » Festival des Films du Monde Aout 2018, Montréal, Canada

sortie salles pour débats envisagée en octobre 2018

52’ France 3 région Ile de France et l’Heure D, titre “TRIBUNAL POUR ENFANTS”, Festival international du Film Judiciaire, Paris octobre 2018

 

 

Trois juges des enfants, deux procureurs du Parquet des mineurs, un éducateur, des audiences pénales et éducatives, un face à face direct entre eux, des moments tendus où l’issue est incertaine.

Dans le secret des familles, uniquement des huis-clos, la responsabilité est sans cesse mesurée en rapport avec les faits et la situation de chaque mineur en attente d’une décision à prendre, l’accompagnement à envisager d’un enfant en danger, à protéger, victime, auteur, ou auteur et victime, voire une peine.

L’enfant ici est protégé quelque soit la gravité des situations. Nous nous trouvons à Paris dans le principal Tribunal pour Enfants en France, le seul habilité à traiter des dossiers internationaux d’où la présence d’une diversité de familles aux origines ethniques différentes, avec des problématiques contemporaines.

Pendant plusieurs mois, nous avons filmé le quotidien du Tribunal pour Enfants du TGI de Paris avec des autorisations exceptionnelles. La majorité des familles ont refusé de se laisser filmer. Seules quelques familles issues de milieux défavorisés ont accepté notre présence. Les familles de milieux aisés ont toutes exprimé un non catégorique.

Le film expose la part du travail des juges. La complexité apparaît entre l’incertitude, la douleur, et l’espoir de protéger l’enfance en devenir.

 

 

extraits de presse (version 52’)

Les réalisateurs ont rapporté des scènes de vie qui suggèrent à elles seules ce qui s’y joue du destin de gamins mal partis dans la vie. L’une des plus belles et des plus fortes suit l’échange d’un juge avec un racketteur d’une douzaine d’années. Douze minutes durant se noue entre l’adulte et l’enfant un vrai rapport de force, dont la dramaturgie vise à pousser ce dernier à comprendre l’ornière dans la- quelle il s’est mis. De ses évitements butés à l’explosion finale, qui soudain nous rappelle son très jeune âge, se donne à lire le difficile exercice de la justice appliqué aux mineurs. Quand reparaît le gamin, déféré devant une juge de permanence éberluée par les quelque cinq cents pages de son dossier, on songe avec les auteurs du documentaire à la part des déterminismes sociaux dans le parcours judiciaire d’un garçon semblable à beaucoup d’autres. S’il ne répond à aucune question, Tribunal pour enfants a le mérite d’en poser et, ce faisant, nous enrichit. – François Ekchajzer TELERAMA

 

Deux mondes se font face. Celui de la justice, procureurs, juges, éducateurs, avec leur vocabulaire propre, parfois abscons, et la conscience plus ou moins aiguë de leur métier. Et celui de cet échantillon de mineurs délinquants, filmés parfois en présence d’un de leurs parents, rarement les deux. Certains sont encore des enfants, d’autres deviendront dans quelques mois des adultes (…) L’Humanité

Ils sont saisis là à un âge où tous les espoirs devraient encore être possibles. Ce conditionnel est la couture invisible du documentaire. Par fonction, les juges des enfants ont un devoir ontologique d’espérance. Mais de tous les magistrats, ce sont eux aussi qui sont confrontés chaque jour aux situations de plus grande désespérance. La force du documentaire de PM BS est de montrer leur tiraillement quotidien entre réparer, prévenir et punir. Pascale Robert-Diard LE MONDE

 

 

 

 

 

 

extrait

 

 

 

 

 

 

 

Presse sur la version 52′

 

TELERAMA 16 juillet 2018

 

 

L’HUMANITÉ

“Les deux documentaristes ont plongé plusieurs mois dans les couloirs et les salles d’audience du Tribunal pour Enfants de Paris. Loin d’être un film reportage didactique à l’extrême, leur travail a la puissance des scènes de vie qu’il capture sans ajouter des louches d’explications pour s’assurer que le téléspectateur a bien tout compris.”

 

LE MONDE 

“Ainsi va la justice des mineurs

Paule Muxel et Bertrand de Solliers nous font découvrir les entrailles du tribunal pour enfants de Paris

En ouverture de leur documentaire consacré à la justice des mineurs, les deux réalisateurs, Paule Muxel et Bertrand de Solliers, posent eux-mêmes les limites de leur travail. Pendant les mois passés dans les couloirs, les bureaux et les salles d’audience du tribunal pour enfants de Paris, ils n’ont pu filmer qu’une toute petite part de ce qui s’y jouait. La majorité des familles qu’ils ont croisées ont refusé de se laisser filmer. Seules quelques-unes, « issues de milieux défavorisés», ont donné leur accord. « Les familles de milieu aisé ont toutes exprimé un “non” catégorique», précisent les auteurs. Leur démarche de transparence et d’honnêteté permet d’entrer dans ce film, d’apprécier pleinement ce qu’il montre , sans prétention à l’exhaustivité et sans en tirer, comme trop souvent, de leçon générale. C’est précieux.

Deux mondes se font face. Celui de la justice, procureurs, juges, éducateurs, avec leur vocabulaire propre, parfois abscons, et la conscience plus ou moins aiguë qu’ils ont de leur métier. Et celui de cet échantillon de mineurs délinquants, filmés parfois en présence d’un de leurs parents, rarement les deux. Certains sont encore des enfants,  d’autres  deviendront dans quelques mois des adultes. Quelle décision prendre pour ri!” tenir du bon côté de la ligne l’adolescent en bascule, tout en lui faisant mesurer la gravité de ses actes ? Et avec quels moyens ?

Un éducateur regarde avec lassitude le grand ado vautré sur une chaise. « Et la loi? , lui demande t-il. C’est-à-dire ? », répond le garçon , qui s’obstine à ne pas comprendre en quoi le « petit business» de stupéfiants auquel il se livre serait un problème. Deux juges pour enfants discutent dans un bureau du cas d’un mineur qui vient d’être interpellé pour en avoir agressé sexuellement un autre, dans le foyer où ils ont été placés. Il est en récidive, il faut lui trouver d’urgence un nouveau lieu d’hébergement . «Je vais le mettre là, parce qu’il va se retrouver avec des plus grands , il osera moins…», dit le juge à son collègue. Un temps de réflexion, un soupir. «Après , bien sûr, il peut se retrouver victime…»

Tiraillement quotidien

Dans un bureau voisin, un autre juge soupire en lisant le dossier du mineur  qui va lui être  présenté.

« Mais qu’est-ce que je vais en faire de celui-là?» Il a 12 ans, il est poursuivi en récidive de racket. Lorsque le juge lui annonce sa décision de le placer en foyer, le garçon explose littéralement sous les yeux de son père impuissant. « MDR, j’irai pas! Au nom du Coran, j’irai pas!» Plus loin encore, le découragement guette un troisième juge face à l’apathie hostile d’un jeune familier de son service. « Pourquoi n’allez -vous pas aux rendez-vous avec votre éducateur? » Un haussement d’épaules lui répond. «Pourquoi avez-vous arrêté le foot?-Ça m’intéressait plus. Qu’est-ce qui vous intéresse ?Ben, j’sais pas. Et la boxe ? Ça vous dirait ? » Silence. Le juge patiente. Un « ouais » d’ennui finit par échapper aux lèvres du garçon.

Ils sont saisis là, à un âge où tous les espoirs devraient encore être possibles. Ce conditionnel est la couture invisible du documentaire. Par fonction, les juges des enfants ont un devoir ontologique d’espérance. Mais, de tous les magistrats , ce sont aussi ceux qui sont confrontés chaque jour aux situations de plus grande désespérance. La force du documentaire de Paule Muxel et Bertrand de Solliers est de montrer leur tiraillement quotidien , entre réparer, prévenir et punir.” ■

PASCALE ROBERT-DIARD

 

 

 

 

© de Solliers Muxel 2018 – production Julianto – Distribution Kando

 

Courts métrages de fiction

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La marche

réalisation Antonin de Solliers

images Paule Muxel

 

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14 euros 58

Court métrage réalisé avec des enfants de la ville de Clermont-Ferrand avec le réalisateur Mathieu Amalric sur une idée du Secours populaire.

2004

 

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