TERRAIN MINEURS

 

Sélection compétition Officielle FIPA 2018 (version 2 X 1h58′)

 

 

version long métrage (2h) Compétition « Documentaires du Monde » Festival des Films du Monde Aout, Montréal, Canada, 2018

version 52’ France 3 région Ile de France et l’Heure D, titre “TRIBUNAL POUR ENFANTS”, Festival international du Film Judiciaire, Paris 2018

 

 

Au Tribunal pour Enfants du TGI de Paris, un direct entre juges des Enfants en audiences et comparutions immédiates, le Parquet des Mineurs,

le Dépôt (prison de transfert) avec des éducateurs spécialisés pour les comparutions immédiates, et surtout le fond de la loi, la protection de l’enfance en danger, les audiences éducatives.

Le film expose la part humaine du travail des juges dans son interrogation, ses décisions, sa complexité. Un travail peu connu souvent fantasmé du public. La réalité apparaît entre l’incertitude, la douleur et l’espoir de l’enfance en devenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNE IMMERSION CONTEMPORAINE AU TRIBUNAL POUR ENFANTS DU TGI DE PARIS

 

 

Trois juges des enfants dans leur travail quotidien, trois procureurs, un éducateur, les audiences pénales et éducatives, un face à face direct avec les mineurs dans certains cas en contexte international, des moments tendus où l’issue est incertaine.

Dans le secret des familles – uniquement des huis-clos – des lieux où personne n’a le droit d’être présent, où la responsabilité est sans cesse mesurée en rapport avec les faits et la situation de chaque mineur. Chaque point est discuté en attente d’une décision à prendre sur la peine et l’accompagnement envisagé d’un enfant en danger (tous les âges jusqu’à 17 ans), à protéger, impliqué dans la primo délinquance, la délinquance, victimes, auteurs, ou auteurs-victimes, ou des faits plus graves.

Être en devenir, ici l’enfant est protégé quelque soit la gravité des situations. C’est la loi et ligne de fond : accompagner pour trouver une issue positive. L’ensemble du film suit cette ligne.

Nous nous trouvons dans le principal Tribunal pour Enfants en France, au TGI de Paris, habilité à traiter des dossiers internationaux d’où la présence d’une importante diversité de familles et personnes aux origines ethniques différentes. Problématiques contemporaines, enfants étrangers (MIE), réseaux, passeurs, imprégnation salafiste sur certaines familles, en fait sur peu d’enfants mais une grande tension tout autour. Et Paris dans sa diversité des cultures, usages, différences économiques…

Le film nous fait partager de façon particulièrement incisive et humaine à un certain nombre de situations d’aujourd’hui qui soulignent entre autre des enjeux contemporains d’intégration.

 

 

Les autorisations de tournage de ce film sont exceptionnelles. Réalisé au Tribunal Des Enfants de Paris avec ‘introduction au départ de l’ancien ministre, avocat des enfants, Pierre Joxe. Ensuite avec Mr Thierry Baranger, ancien président du TDE de Paris, actuel président du TDE de Bobigny, l’accord du Président du TGI de Paris, Mr Jean Michel Hayat, et toutes les autorités nécessaires compétentes et indépendantes.

PRÉPARATION et TOURNAGE

Temps de préparation : 6 mois à partir du 15 novembre 2015

Temps de tournage : 6 septembre 2016 / 10 juillet 2017.

Version Vosges télévision : 2 x 1 h 58’ (sélection part 1/2 Fipa 2018)

Version long métrage en cours (environ 2h)

ISAN 0000-0004-2010-0000-C-0000-0000-1 / 2017-12-25

 

 

extrait

 

 

 

 

 

 

Le Monde – 14, 15, 16 juillet 2018

Ainsi va la justice des mineurs

Paule Muxel et Bertrand de Solliers nous font découvrir les entrailles du tribunal pour enfants de Paris

FRANCE3 / LUNDI 16 23 H 15 / DOCUMENTAIRE

En ouverture de leur documentaire consacré à la justice des mineurs, les deux réalisateurs, Paule Muxel et Bertrand de Solliers, posent eux-mêmes les limites de leur travail. Pendant les mois passés dans les couloirs, les bureaux et les salles d’audience du tribunal pour enfants de Paris, ils n’ont pu filmer qu’une toute petite part de ce qui s’y jouait. La majorité des familles qu’ils ont croisées ont refusé de se laisser filmer. Seules quelques-unes, « issues de milieux défavorisés», ont donné leur accord. « Les familles de milieu aisé ont toutes exprimé un “non” catégorique», précisent les auteurs. Leur démarche de transparence et d’honnêteté permet d’entrer dans ce film, d’apprécier pleinement ce qu’il montre , sans prétention à l’exhaustivité et sans en tirer, comme trop souvent, de leçon générale. C’est précieux.

Deux mondes se font face. Celui de la justice, procureurs, juges, éducateurs, avec leur vocabulaire propre, parfois abscons, et la conscience plus ou moins aiguë qu’ils ont de leur métier. Et celui de cet échantillon de mineurs délinquants, filmés parfois en présence d’un de leurs parents, rarement les deux. Certains sont encore des enfants,  d’autres  deviendront dans quelques mois des adultes. Quelle décision prendre pour ri!” tenir du bon côté de la ligne l’adolescent en bascule, tout en lui faisant mesurer la gravité de ses actes ? Et avec quels moyens ?

Un éducateur regarde avec lassitude le grand ado vautré sur une chaise. « Et la loi? , lui demande t-il. C’est-à-dire ? », répond le garçon , qui s’obstine à ne pas comprendre en quoi le « petit business» de stupéfiants auquel il se livre serait un problème. Deux juges pour enfants discutent dans un bureau du cas d’un mineur qui vient d’être interpellé pour en avoir agressé sexuellement un autre, dans le foyer où ils ont été placés. Il est en récidive, il faut lui trouver d’urgence un nouveau lieu d’hébergement . «Je vais le mettre là, parce qu’il va se retrouver avec des plus grands , il osera moins…», dit le juge à son collègue. Un temps de réflexion, un soupir. «Après , bien sûr, il peut se retrouver victime…»

Tiraillement quotidien

Dans un bureau voisin, un autre juge soupire en lisant le dossier du mineur  qui va lui être  présenté.

« Mais qu’est-ce que je vais en faire de celui-là?» Il a 12 ans, il est poursuivi en récidive de racket. Lorsque le juge lui annonce sa décision de le placer en foyer, le garçon explose littéralement sous les yeux de son père impuissant. « MDR, j’irai pas! Au nom du Coran, j’irai pas!» Plus loin encore, le découragement guette un troisième juge face à l’apathie hostile d’un jeune familier de son service. « Pourquoi n’allez -vous pas aux rendez-vous avec votre éducateur? » Un haussement d’épaules lui répond. «Pourquoi avez-vous arrêté le foot?-Ça m’intéressait plus. Qu’est-ce qui vous intéresse ?Ben, j’sais pas. Et la boxe ? Ça vous dirait ? » Silence. Le juge patiente. Un « ouais » d’ennui finit par échapper aux lèvres du garçon.

Ils sont saisis là, à un âge où tous les espoirs devraient encore être possibles. Ce conditionnel est la couture invisible du documentaire. Par fonction, les juges des enfants ont un devoir ontologique d’espérance. Mais, de tous les magistrats , ce sont aussi ceux qui sont confrontés chaque jour aux situations de plus grande désespérance. La force du documentaire de Paule Muxel et Bertrand de Solliers est de montrer leur tiraillement quotidien , entre réparer, prévenir et punir. ■

PASCALE ROBERT-DIARD

 

 

 

 

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