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Mémoire(s) vécue(s) : préparations et rushs brut

Chaque film appartient au contexte de temps de la personne filmée, de la réalisation à l’époque où nous réalisons les prises de vues et entretiens. “Mémoires Vécues” fait l’essai de réunir certains de ces éléments autour de chaque film selon la disponibilité en préparations et tournages.
 
Apports progressifs de différents fichiers. En 2019 la préparation du film “Histoires autour de la Folie”, des derniers témoins de la période asilaire jusqu’à l’ouverture des portes, la prise de la parole par les infirmiers, la mise en place de la Sectorisation. Ces documents datent des années 1991 – 1992 en rapport avec les 2 tournages du film. Des textes précisent les liens de personnes, leurs activités, différents aspects pour rendre progressivement lisible cette démarche de mise à disposition des archives rushs du film.
D’autres apports ont précédé sur les films liés à la période politique des années 1940 – 1944, “L’Année dernière à Vichy”, “Philippe Pétain”.
 
Consultation de rushs, entretiens, extraits, photographies, qui suivent ou accompagnent la réalisation des films :

L’année dernière à Vichy 1

L’année dernière à Vichy 2

L’année dernière à Vichy 3

Philippe Pétain 1

Philippe Pétain 2

Philippe Pétain 3

Philippe Pétain 4 – Ours

Droits d’utilisation externe sur l’ensemble de ces fichiers images et sons : les droits images et sons, tous formats de diffusion, tous territoires, sont réservés Paule Muxel et Bertrand de Solliers © de 1985 à aujourd’hui. Pour toutes utilisations publiques ou privées exprimer une demande par mail b2s4@wanadoo.fr.
 
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SUR LES FILMS DANS LE TEMPS

À partir de ces films qui concernent des situations de mémoires individuelles et collectives, l’intérêt nous semble au-delà de la conservation d’en susciter des réflexions.

C’est le réflexe du vivant réflexif, en train de se faire, qui est recherché, et non celui de la conservation, de l’immobilité, ou du regard pour le regard.
Plus pour tenter d’en comprendre les différents mécanismes, strates de mise en place, d’essayer d’en saisir au fil des étapes de conscience, les mobiles fussent-ils furtifs, inavoués, imperceptibles, implicites, d’en juxtaposer les différents regards et points de vue, de proposer des mises en parallèles de premier abord impossibles mais qui coexistent au final naturellement.

Ne pas se résigner à une mémoire sanctuaire des victimes, ou une mémoire de la douleur, de l’impossible, de l’indicible, ou une mémoire de la mémoire destinée à circuler souvent en rond.
Faire vivre cette mémoire vivante qui questionne, celle des vécus qui interroge.
C’est s’attaquer à la complexité, car que vaut un travail de mémoire s’il n’est pas discuté. Bref, écouter les mémoires comme territoires ouverts. Dans les mémoires, il n’y a pas d’exclusivité de la violence ni de la douleur.

La juxtaposition des rushes qui constituent des archives plusieurs années après, en l’occurrence des documents susceptibles d’être consultés dans les contextes de leurs époques et des conditions de réalisation (dont les financements des films), peut rendre les lectures de ces rushes différemment des films montés eux-mêmes.
Dans la multiplicité, le point de vue des regards est déjà pluriel et s’associe pour exposer la diversité à la fois de chacun et de l’ensemble.
En les éditant, nous essayons de les préserver le mieux possible – c’est à dire de tout donner, excluant les problèmes liés à des questions techniques, pour laisser s’exprimer leur réalité personnelle, les chemins naturels des existences et de leurs expériences, les points de vues et jugements.

Ces archives peuvent comprendre même parfois des erreurs, des approximations (…) comme des dates différentes qui se présentent pour les mêmes faits etc. (…); nous les avons gardés dans la démarche de respecter les propos même de leurs auteurs à travers leurs mémoires qui les distinguent par leur propre singularité, leur identité. Et pour laisser chaque entretien dans son moment à lui, dans son regard personnel.

S’ajoute à cela notre propre subjectivité, nos erreurs, des approximations sur des terrains qui se révèlent nouveaux pour nous dans certains cas.

Ceci n’est pas forcément valable avec des historiens aguerris à s’exprimer, même si ces lapsus peuvent aussi chez eux se présenter.
Le dénominateur commun identique qui reste est celui-ci : laisser, donner à chacun sa vérité de l’instant.

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Chacun possède en effet son approche qui va de pair avec soi, sa propre façon de regarder et rendre compte, son vécu, son histoire à l’origine.

Chaque point de vue suit sa conscience dans sa propre culture et son chemin personnel. Vouloir ne pas comprendre ou modifier cela c’est déjà fausser la vérité du terrain réel.

Cela fonctionne aussi avec le questionnement variable de la mémoire, de ce que l’on veut entendre ou ne pas entendre, des mémoires au cours du temps, inspirées, dirigées, versatiles, imprévues, cette mémoire qui façonne et arrange sans cesse dans l’esprit et les perspectives possibles tout en n’incarnant en fait que l’incertain du fragmenté des devenirs.

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En psychiatrie dans Histoires autour de la Folie, Lucien Bonnafé l’ancien grand psychiatre désaliéniste après la seconde guerre mondiale, celui qui ouvrait dans les années 30comme médecin-directeur l’asile qu’il dirigeait comme un hôpital commun, l’ami d’Eluard et de Toscaillès (…), précise : ” observez l’observateur “.

Notre point de vue le rejoint modestement. Celui d’écouter la relation qui se met en place, celle en train de se faire entre soi et celui ou celle qui est en face. À l’inverse d’instituer et de dominer.
De l’un à l’autre et l’autre à l’un, l’induction fonctionne, illimitée, comme une eau étrange qu’on dérange sans cesse et qui ne peut rester inerte. Pour le meilleur espérons toujours.

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