Paule Muxel - Bertrand de Solliers

Philippe Pétain 4 – Ours

PHILIPPE PETAIN – OURS 1 – NOVEMBRE 2009

ours 1 fin 2009

ours 2 début 2010

NOTES GÉNÉRALES

“OURS” : il s’agit du premier document de travail, en jargon de montage un « ours », un bout à bout des rushs tournés, de l’essentiel des contenus, qui va porter le cours du montage de Paule qui se terminera au mixage en septembre 2010. Entre-temps le dérochage a commencé depuis avril 2009.

Ce premier bout à bout nous l’avons projeté pour nous et le coproducteur Alexandre Cornu le 23 novembre 2009 dans la salle de la Scam.

Un autre jet d’un ours est monté fin janvier 2010.

CURSUS

ours 1 : La première partie concerne rapidement l’enfance de Pétain, ensuite rien de remarquable sauf quand il est appelé alors qu’il a l’âge de la retraite comme officier de la Grande Guerre.

Cette partie est d’une durée environ de 54’ alors que le second ours qui sera montré à Arte en janvier 2010 – la projection était assez contestable, le montage trop peu avancé, mais ils ont voulu regarder – réduit à 29’. L’intérêt de la version longue ici est incontestable. Manque alors à ce moment-là encore toute la partie concernant la vie amoureuse de Pétain et les centaines de lettres reçues sur le Front.

Suit un développement politique de la carrière de l’homme devenu Maréchal sur l’entre deux guerres. Ministre de la guerre, se préoccupant aussi d’éducation… Sur le charisme de grands chefs politiques en Europe. Cette partie a aussi été escamotée pour des raisons de durée du montage « Arte » final. Sur 1918 – 1939 il est intéressant de trouver les échos et analogiues avec notre époque contemporaine en terme de réflexion sur la peur collective et le charisme.

Le projet de dictature dès 1934 en France, la construction des refoulements : juifs et étrangers qui commencent à affluer en France d’Allemagne. Les réactions françaises, politiques, populaires, épidermiques.

Cette partie concerne un documentaire plus analytique thématique que le film terminé pour Arte, d’où aussi son intérêt aujourd’hui de le faire revivre.

1938-1939 sur la loi d’internement administrative qui va être adaptée par la suite à plusieurs régimes politiques outrement différents…

l’Ours est au timing de 1 h 48’ quand on atteint l’année 1940. À comparer avec le film de Arte d’une durée de 1 h 44’ quand nous nous trouvons en 1945.

Sur le charisme politique : 2 h 25. A disparu ensuite.

Montoire à 2 h 59’. La rivalité Pétain Laval. La mise en relief du souhait affirmé de collaboration de Pétain lui-même avec les nazis.

Sur l’antisémitisme de Pétain, un homme qui ne s’exprime jamais là dessus : 2 h 36’.

1941 – sur le Consistoire et les déportations : 3 h 11’. L’implication sourde et continue de Pétain.

La Milice à 3 h 36’.

3 h 50’ : les cours martiales.

L’ensemble fait l’effet de mon point de vue d’une construction affirmée, complexe par ses strates bien distinguées mais dont il faut mesurer l’apport en fonction du rythme du futur film, dont l’un des fils est le questionnement, sans cesse, de la menace de la vie démocratique en France, et l’espoir de voir les choses changer.

Avec des carences bien entendu, ce qui obligera à faire un choix de narration par la suite et d’exclure des pans de problématiques appartenant pourtant à l’origine de la mise en place du projet documentaire.

Ceci dit en aucun cas je vois un film « pédagogique », historique, mais un film vivant des idées et recherches des invités à s’exprimer. C’est le jeu : concerner ces historiens non pas seulement par leur savoir, mais leur personnalité, comment ils s’impliquent et réfléchissent personnellement. Par le traitement des archives par la suite et au final, Paule va mener une vie à l’ensemble des propos retenus.

L’apport d’historiens internationaux se révèle intéressant – certains se révèleront inutiles –, et met en place la problématique d’un documentaire où il faut comprendre comment cela avance dans le temps, avec quels points repères essentiels, en associant analyses personnelles distancées entre les apports internationaux avec ceux des français qui possèdent un point de vue différemment concerné.